vendredi 15 novembre 2013

Youri Pimenov : l’âme subtile de l'art

Photo: Galerie Léonide Chichkine
L'hôtel Radisson Royal de Moscou accueille une exposition des travaux de Youri Pimenov, l`un des peintres soviétiques les plus célèbres, organisée à l`occasion de 110e anniversaire de la naissance de l`artiste.


Des tableaux de genre, des portraits, des paysages et des natures mortes, des ébauches de costumes de théâtre et des illustrations de livres. L'exposition nous montre plus de 120 travaux de Youri Pimenov.

Pimenov est un peintre unique. A l'époque de l'URSS, quand le seul art reconnu était le réalisme socialisme, il expérimentait avec des styles divers de manière simple et élégante et a créé son propre langage plastique. Le peintre s'inspirait de différents courants artistiques. Nouvelle Moscou, son tableau le plus célèbre, perle de Galerie Tretiakov, est un chef-d'œuvre de l'impressionisme soviétique. Pimenov a été reconnu du monde entier de son vivant, aucun peintre soviétique n'a reçu autant de prix d`Etat. En outre, à l’époque où sortir de l'URSS était interdit au commun des mortels, Pimenov s’est rendu plusieurs fois à l'étranger. Lors de ces voyages il a réalisé des tableaux magnifiques, qu'on peut admirer en visitant l'exposition.

L'un des buts du réalisme socialisme consistait à former la perception socialiste, révolutionnaire du monde. Mais l’univers de Iouri Pimenov est loin d’être révolutionnaire. Il reste romantique même lorsqu’il s'adresse aux ouvriers, aux héros du travail et autres bâtisseurs du communisme. Ses tableaux ressemblent à de la dentelle tissée avec les rayons du soleil.

L'académicien Boris Nemenski a écrit de Pimenov:

« De ses grandes toiles brutales, toujours aimées du public, il est passé à des tableaux de dimensions plus modestes, mais très recherchés, étoffés, raffinés dans leur formes et leurs coloris. Ces cycles de travaux représentent la poésie de la vie quotidienne des gens de l'époque. Chaque sujet traduit le ravissement face à la beauté de la vie et est empreint de tendresse et d'angoisse ».

A l'époque soviétique on aimait beaucoup les images de Moscou, peintes par Pimenov, et le peintre reprenait constamment ce sujet. L'exposition contient nombre d’œuvres graphiques et de tableaux de sa célébre série Nouveaux Quartiers. Par ailleurs, Pimenov a créé une grandequantité de portraits de ses contemporains, aussi présentés a l'exposition. Les specialistes mettent l'accent sur les portraits de Natalia Pimenova, l’épouse du peintre, datant de différents périodes.

« Ma femme m'aide beaucoup dans ma vie, a écrit Youri Pimenov dans le livre Zemnoïe iskusstvo (L'art terrestre), elle est toujours mon meilleur modèle, se souvenant de toutes mes peintures d`elle, je vois ou sa taille, ou ses cheveux, ou ses bras... C'est elle qui me donnait de judicieux conseils au moment où j'en avais besoin ».

En dehors des œuvres classiques du maître de l'art soviétique, les spectateurs verront quelque chose innatendu. Par exemple, deux illustrations pour le roman Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov, faites en 1977.

« L'âme de l'art est très subtile, et plus l'homme dévient intelligent, plus son art devient riche et intelligent. L'art est compliqué, il n'exige pas le savoir-faire de l'artisan, mais de l'organisation de l’âme, complexe et particulière. Il n'y pas de limites à la recherche du vrai, à la connaissance du monde », écrivait le peintre. T
Rédaction en ligne, Armen Apressian

dimanche 10 novembre 2013

samedi 9 novembre 2013

« Impressions » de Vladimir Sokolov à l’Académie russe des beaux-arts

© Photo : Vladimir Sokolov

 Des portraits raffinés, des natures mortes solaires, des croquis de voyages et d’arrière-cours de Moscou. Les salles d’exposition de l’Académie russe des beaux-arts accueillent l’exposition Vpetchatlenia (Impressions). Il s’agit de la première grande rétrospective des œuvres du peintre Vladimir Sokolov en Russie. Cent cinquante travaux, embrassant toute la biographie artistique du peintre, y sont présentés.


Le destin de Vladimir Sokolov était apparemment prédestiné à être lié à l’art. Il est né dans la famille d’un des peintres les plus célèbres de la période soviétique : Nikolaï Sokolov, membre des « Koukryniksy », pseudonyme de trois peintres : Kouprianov, Krylov, Sokolov. Cependant, son illustre père ne l’a pas poussé à devenir peintre.

« Mon père ne m’a jamais poussé vers la peinture. Quand j’avais 26 ans, un ami, qui venait de finir la Haute École des Arts et Industries (l’ancien Institut Stroganov), m’a proposé de travailler avec moi lorsqu’il a vu les peintures que j’avais faites pour moi. En trois mois, je me suis préparé aux examens et suis devenu étudiant.

Mon père ne m’a jamais dit comment peindre. Il disait que la peinture pouvait être de toute nature. Il était réaliste, mais il admirait Picasso et aimait les impressionnistes. C’est pourquoi, quand je lui ai montré mes travaux, il a regardé et a dit : « Beaucoup de travail a été accompli, en vain ». Il ne m’a jamais félicité», raconte Vladimir Sokolov à La Voix de la Russie.

Après avoir terminé l’Institut Stroganov, Vladimir Sokolov s’est occupé d’intérieurs, a travaillé comme artiste en chef du pavillon des foires et expositions internationales à la Chambre de commerce et d’industrie de l’URSS. Difficile de dire quel aurait été son destin artistique si le célèbre peintre Taïr Salakhov n’avait vu ses travaux au milieu des années 1970. Il les estimait hautement. Dès lors, Vladimir Sokolov a commencé à accorder plus d’attention à ses propres œuvres.

L’œuvre de Vladimir Sokolov jouit depuis plusieurs années d’une popularité méritée dans le monde entier. L’artiste se rappelle que, dans les années 1980, lorsque la Russie était le premier vendeur d’art en Europe, son travail avait attiré l’attention de galeristes français, qui lui ont commandé trois cents peintures, puis l’ont invité à Paris.

Après s’être rendu compte de la popularité des œuvres russes en Europe, Vladimir Sokolov a participé activement à l’organisation d’enchères au célèbre hôtel Drouot. Selon le peintre, lors des premières ventes, environ 80 % des lots présentés ont été vendus. En général, une vente est considérée comme bonne lorsqu’un tiers des travaux sont vendus. Ces résultats ont donc agréablement surpris les organisateurs. Les activités d’enchères de Vladimir Sokolov ont duré jusqu’en 1992. Pendant ce temps, il a apporté en France les œuvres de nombreux artistes russes, dont des étudiants de l’Institut Stroganov.

Vladimir Sokolov voyage beaucoup. Des feuilles graphiques « En Inde, Turquie, Amérique latine, etc. » sont le résultat de ces voyages. Les historiens et critiques d’art soulignent unanimement le grand goût artistique, la maîtrise d’exécution et la véracité vitale de ses travaux.

« Je vis heureux parce que je peux faire ce que je veux. Je ne dois pas peindre sur commande. Je peins ce qui me plaît et ces tableaux, à leur tour, plaisent au public», conclut l’artiste. T



Rédaction en ligne, Armen Apressian                                                         La Voix de la Russie